Débarrasser une maison après un décès

10 mai 2020

En cette période de pandémie, peut-être que vous ou l’un de vos proches avez été directement touchés par le Covid-19 ; certains d’entre vous ont peut-être perdu un proche, et je compatis sincèrement à votre peine. Une fois le confinement terminé, il vous faudra affronter les diverses formalités administratives, mais peut-être aussi la nécessité de débarrasser une maison après un décès. Quelquefois, cette mission est même soumise à des impératifs de vente immobilière, ce qui vient évidemment bousculer le temps que l’on estime nécessaire pour apaiser un peu la difficulté émotionnelle que l’on traverse dans ces situations.

Voici quelques clefs pour gérer au mieux comment débarrasser la maison après un décès.

Ne pas se dire qu’il faut attendre de finir son deuil pour commencer 

C’est justement en effectuant ce tri, malgré la pénibilité douloureuse que l’on ressent, que l’on travaille au processus de deuil. Retarder ce moment ne peut qu’ajouter à la charge mentale et au stress accumulés dans le fait de procrastiner. N’hésitez pas à faire appel à une personne qui vous est chère pour vous soutenir émotionnellement, ou bien encore à un professionnel de l’organisation (Home Organiser) qui saura vous aider et vous donnant des clefs pour vous guider avec objectivité afin de voir comment débarrasser la maison après un décès, tout en respectant vos besoins et vos choix.

Ne pas culpabiliser…d’accéder à l’intimité matérielle du proche

Il se peut que vous vous sentiez mal à l’aise face à ce que vous pouvez vivre comme une intrusion dans l’intimité de votre proche défunt. Ne vous laissez pas envahir par cette sensation de « viol de l’intimité », surtout si vous n’étiez pas en très bon termes ou peu proche avec la personne en question. Comment, sereinement, débarrasser la maison après un décès ? Rappelez-vous que votre place est LÉGITIME, et que l’accès à ces objets, et donc à ces souvenirs, ces trésors intimes, vous est accordé comme un privilège pour connaître au plus juste et au plus vrai le cœur de la personne décédée ; c’est comme si sa mort vous autorisait à enfin lire, avec transparence, qui elle était vraiment et ce qui était cher à ses yeux. N’oubliez pas, malgré la difficulté émotionnelle que cela représente, surtout si vous découvrez des choses difficiles à accepter, à admettre (enfant caché, trahison…), c’est un privilège de pouvoir connaître au plus juste une personne avec laquelle notre histoire est liée. Vous découvrirez sans doute aussi des clefs pour mieux comprendre quelquefois les choix ou les actes de votre parent, ce qui pourra vous aider justement à accepter certaines décisions prises par ce dernier, à lui pardonner parfois et à l’aimer plus généreusement quelquefois, voire à vous réconcilier avec ce qu’il/elle était avec ou pour vous. Vivez ce temps de tri comme un temps de « révélation » privilégiée, et non pas comme une infraction, qui d’ailleurs n’en est pas une. En plus de cela, rappelez-vous que ce sont des « objets de mémoire », et non pas des objets volés auxquels vous êtes confrontés pour les sélectionner. Mais ces « cadeaux mémoriaux », ces « passations générationnelles » doivent vous trouver libre intérieurement de choisir ce qui a du sens pour vous et ce qui n’en a pas. Il se peut même que vous deviez justement refuser certains de ces cadeaux qui peuvent être empoisonnés quand ils deviennent pour vous des fardeaux plus qu’autre chose…

Ne pas surinvestir émotionnellement ni culpabiliser de choisir ce que l’on garde, ce que l’on jette lorsque l’on vide une maison après un décès 

Vous avez le droit et même le devoir de faire des choix, là où quelquefois vos proches ne les ont pas faits. Plus facile à dire qu’à faire, évidemment. Sentez-vous libre de ne pas garder, et surtout de ne pas stocker, des affaires qui vous lient à un passé lointain et dont vous n’avez cure. Des souvenirs d’ascendants à la guerre dont vous ne savez que faire ? Pourquoi ne pas les offrir à un musée ? À une association ? Des draps anciens, lourds mais dans des tissus d’excellente qualité, mais pas à votre goût et que vous n’avez pas envie de réutiliser? Offrez-les à une amie couturière qui saura en faire bon usage, ou encore faites-en des dons pour des personnes défavorisées. Comment débarrasser une maison après un décès sans se laisser encombrer soi-même ? Ne culpabilisez pas : en jetant ou donnant des affaires ayant appartenu à un proche, ce n’est ni la personne elle-même, ni la relation vécue avec elle que vous rejetez ou méprisez ! Ne confondez pas l’objet et la personne. Ce qui vous lie à elle est affectif et non matériel. Les objets ne sont qu’un support matériel optionnel du souvenir.

Comment débarrasser une maison après un décès sans tomber dans un surinvestissement affectif ?

Garder les objets qui nous rappellent un souvenir, uniquement si ce dernier est positif : il n’y a aucun intérêt à garder des lettres d’amour d’une maîtresse ou d’un amant caché, de ruptures personnelles ou professionnelles, de vieilles dettes laborieusement remboursées, un martinet que l’on n’a que trop bien connu, un collier de chien décédé depuis des années, ou autre souvenir matériel ayant un impact émotionnel, affectif ou psychologique douloureux. Ne gardez que des objets vous rappelant un souvenir positif et qui vous rendent heureux(se).

La boîte ( ou le meuble ) à souvenirs 

Effectuer des choix n’est pas chose facile, et l’on peut vite repartir avec plus du double ou du triple de la quantité d’objets-souvenirs que l’on voulait emporter. Rappelez-vous : les objets souvenirs sont des mémoriaux du passé, mais ils ne doivent pas vous bloquer, vous empêcher de garder de la place chez vous pour des objets utilisés au quotidien ou pour des projets futurs (travaux d’aménagement, chambre d’enfant…). Je vous conseille de ne garder, en dehors des objets fonctionnels que vous pouvez être amené à récupérer, qu’une grande boîte (voire maxi boîte ou petit meuble! ) dans laquelle vous rangerez les objets purement affectifs, qui n’ont pas de rôle utilitaire chez vous si ce n’est celui du mémorial. Ne pensez pas que cela est mesquin vis-à-vis de votre proche : votre relation avec lui ou elle ne se limite pas à ce qui tient dans cette boîte ou dans ce meuble. Elle est bien plus que cela, et encore une fois, ne tient pas dans des objets matériels.

Garder des objets utilitaires dans le présent, et pas des objets « au cas où » 

Inutile de garder la tondeuse de votre père si vous n’avez pas de jardin et ne comptez pas emménager en maison d’ici quelques semaines ; inutile aussi de garder un 2e fer à repasser pour « le petit » qui ira à l’université dans cinq ans, ou la télé qui ne fonctionne plus et sera la troisième dans la maison si on se décide à la faire réparer : le réseau Envie (www.envie.org) la récupérera avec plaisir, ne vous en faites pas !), etc. Faites confiance en la providence et ne vous laissez pas paralyser par la peur du manque : gardez les objets fonctionnels dont vous avez vraiment besoin. Pour le reste, donnez, vendez, recyclez au maximum. Gardez à l’esprit que laisser partir ces objets, c’est leur donner une chance de servir de façon utile et efficace, de prolonger leur durée de vie et d’optimiser leur coût de production en matières premières…

Les objets à se répartir en famille

Soyez généreux. Ne vous laissez pas avoir par l’appât du gain, une exigence de justicière communiste : ne rentrez pas dans les si fréquentes guerres intestinales et fratricides qui surgissent souvent à l’occasion de deuils familiaux et de partages de biens. Mettez-vous d’accord avec vos frères et sœurs ou autres personnes bénéficiant de l’héritage matériel, afin de pacifier le partage. Votre deuil n’en sera que moins difficile. Vous honorez ainsi dignement la mémoire de votre proche qui aurait souffert le martyr de voir les siens se déchirer pour une comtoise, un fauteuil Louis XVI et un peu d’argenterie noircie que personne n’utilisera sans doute plus. Ne tombez pas dans un fonctionnement de comptes d’apothicaire, si possible. Ne rabaissez ni ne limitez pas votre défunt à un tiroir-caisse. Exprimez vos envies, expliquez pourquoi vous souhaitez récupérer tel ou tel objet, quel souvenir cela vous rappelle : vos proches seront d’autant plus enclins à vous laisser l’objet qu’ils en comprendront la valeur émotionnelle pour vous, et de surcroît, vous aurez partagé avec elle un beau souvenir familial en mémoire du défunt. Soyez dans le compromis : cet objet qui finalement ira chez votre cousin aurait sans doute dénoté dans votre entrée, déjà bien chargée d’ailleurs, ou suscité une sceptique perplexité chez votre conjoint et vos enfants. Somme toute, vous vous épargnez peut-être des plaintes et de l’encombrement dans votre propre maison !

Les objets à donner.

Ne vous encombrez pas l’esprit et la maison avec des objets d’une valeur moindre et pour lesquels vous passeriez plus de temps à faire des photos, comparer les prix sur internet,  emballer et envoyer la marchandise, qu’à récupérer une somme qui en vaille la peine. De plus, vous vous replongeriez pour deux francs six sous dans un souvenir pas forcément heureux et risqueriez de devoir lutter contre une pointe de sentiment de culpabilité à l’idée de chercher à gagner de l’argent sur le moindre objet de votre proche. Soyez généreux. Donnez à qui en a besoin : les associations ou les applications comme Geev (www.geev.com) ne manquent pas et récupèreront volontiers ce que vous aurez débarrassé dans la maison après un décès! Vous pouvez aussi faire appel  à des services de débarras pour du mobilier ou des objets trop encombrants (https://www.on-vous-debarrasse.com/preparer-debarras/debarras-succession).

Les objets à vendre.

Certains objets peuvent cependant valoir la peine d’être vendus, en particulier selon votre situation financière. On parle notamment de matériel informatique et électroménager, neuf et récent, voir encore sous emballage. On peut inclure ici le fameux fauteuil Louis XVI ou la coiffeuse années 20, qui sauront rendre heureux des collectionneurs ou amateurs d’antiquités. Pensez à toujours vous mettre d’accord avec les autres héritiers, et à demander si quelqu’un d’entre vous n’en aurait pas besoin. Gratuitement et sans autre contrepartie matérielle, bien sûr.

Fêter de manière particulière la personne pour ce qu’elle était, avec ou sans objet matériel de remémoration.

N’hésitez pas à dire à votre conjoint, à vos enfants- voire à redire, si besoin- quels souvenirs de votre proche vous marquent et le rôle qu’ont joué dans ces souvenirs les objets que vous avez gardés de lui/d’elle. Accrochez un tableau peint par votre défunt, utilisez ses recettes fétiches, mettez en valeur ce bibelot que vous affectionnez et qui vous rappellent votre enfance et comment vous étiez tenté de le toucher à l’époque malgré l’interdiction parentale, etc.

Une fois par an, à la date d’anniversaire de votre proche, vous pouvez, par exemple, ressortir la boîte à objets-souvenirs fétiches et regarder ces derniers, les toucher :  faire ressurgir à la mémoire ces souvenirs, en privilégiant une émotion de paix et de gratitude pour tout ce qu’a été votre proche, tout ce que vous avez pu vivre de beau avec lui/elle et tout ce dont vous souhaitez vous souvenir. Et surtout, restez libre intérieurement d’éliminer des objets dont finalement vous ne voulez plus, ou qui, au fil du temps, perdent de leur sens ou de leur force remémorative.

Ces dix points sur comment vider une maison après un décès ne sont évidemment pas exhaustifs, et il y a sans doute d’autres clefs que vous possédez : utilisez-les bien sûr, et n’hésitez pas à les partager !

Bon courage sur votre route du deuil et du désencombrement,

À votre service et à votre écoute,  

Emma

Emmanuelle Blind

Accompagnatrice en rangement

Ancienne enseignante, passionnée de rangement et d’organisation, je me suis formée auprès d’Elodie WERY au Home Organising en 2019.

Certificat en poche, et après une période de stage, j’ai adhéré à la Fédération Francophone des Professionnels de l’Organisation (FFPO) pour continuer d’enrichir ma formation.

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